L’Afghanistan

En trois décennies, le pays a subi les pires horreurs qu’a générées la seconde partie du XXe siècle. L’occupation soviétique, sur fond de « guerre froide », puis la guerre civile entre moudjahidin, ces héros du Jihad qui n’ont tenu en échec l’Armée Rouge que pour mieux s’entretuer ensuite. Du chaos, un autre totalitarisme a surgi : le régime « fondamentaliste » des talibans, finalement chassés à grands coups de Tomahawks par les Etats-Unis d’Amérique en 2001. Depuis, la guerre civile entre les talibans et les forces occidentales alliées aux forces régulières afghanes sous l’égide de l’OTAN n’a cessé de faire des victimes, principalement dans la moitié sud du pays.

L’économie parallèle liée à la culture du pavot et à la production d’opium et d’héroïne est devenue florissante : l’Afghanistan a retrouvé sa triste place de premier producteur mondial. Même si certaines puissances se sont engagées pour le développement de l’Afghanistan, sa reconstruction, son déminage, la mise sur pied d’une économie durable et non mafieuse ne progressent que très lentement. Dans ce contexte, « Les Afghans au sommet » entend, à sa petite échelle, apporter un support marqué à une politique touristique encore balbutiante mais néanmoins porteuse d’espoirs pour les superbes et paisibles régions montagneuses du nord, le Wakhan et l’Hindu Kush…

Chronologie : Afghanistan, trente ans de cauchemar

• 1973 : le prince Daoud renverse le roi Zaher Shah et met fin à 200 ans de monarchie.
• 1978 : coup d’Etat appuyé par Moscou. Lutte féroce au sommet de l’Etat.
• 1979 : l’armée Rouge envahit le pays et place Babrak Karmal à la tête de l’Etat socialiste.
• 1986 : Mohamed Najibullah, prosoviétique, lui succède.
• 1988-1989 : retrait de l’armée Rouge tenue en échec depuis 8 ans par les moudjahidin.
• 1989-1992 : le régime de Najibullah résiste aux moudjahidin.
• 1992 : Najibullah démissionne ; les moudjahidin prennent Kaboul et le pouvoir.
• 1992 à 1996 : les « seigneurs de guerre » se déchirent entre factions ethniques. Kaboul connaît ses pires bombardements. La communauté internationale reste indifférente. Dès 1994, une milice fondamentaliste soutenue par le Pakistan et la CIA, les talibans, émerge dans le sud qu’elle contrôle en moins d’un an.
• 1996 : les talibans prennent Kaboul et imposent à la population leur vision extrémiste de l’Islam…
• 1998 : les talibans contrôlent 80 % du pays. Bombardement américain contre les camps afghans du milliardaire fondamentaliste Ben Laden, hôte d’honneur des talibans.
• Octobre 2001 : début de l’opération « Liberté immuable », approuvée par l’ONU, en réponse aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
• Novembre 2001 : l’Alliance du Nord prend Kaboul
• Décembre 2001 : le gouvernement intérimaire multiethnique d’Hamid Karzaï est mis en place. La Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) est créée sous l’égide de l’OTAN.
• Juin 2003 : attentat meurtrier contre l’ISAF à Kaboul.
• Août 2003 : batailles rangées dans le sud entre des talibans réorganisés et les forces afghanes soutenues par les troupes américaines, italiennes et françaises.
• Octobre 2004 : les premières élections nationales du pays depuis 1969. Hamid Karzaï est élu président, mais il n’est jamais parvenu jusqu’à aujourd’hui à imposer son autorité sur les chefs locaux.
• De 2005 à 2008 : les combats s’intensifient, faisant des milliers de morts.
• 2009 - Les Etats-Unis, sous la présidence de Barack Obama, annoncent l’augmentation du contingent militaire, tout en admettant que seule une solution négociée à l’échelle régionale, avec le Pakistan en particulier, permettra la fin des violences. Le diplomate Richard Holbrooke, l’homme des accords de Dayton qui ont permis le règlement du conflit en Bosnie, est chargé du dossier.



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